LES POLITIQUES NEGATIONNISTES

Dans toute confrontation, on trouve des personnages, en général influents, qui argumentent sur des contre vérités. Sur la douloureuse seconde guerre mondiale et sur les camps de concentration, il est encore au début du XXIème siècle des responsables politiques, des enseignants, remettant en cause les camps d’extermination. Ils sont poursuivis de manière méthodique, ils sont condamnés aux yeux de tous. Qu’en est-il de nos belles figures qui au XIXème et XXème siècles ont tenté de modifier l’histoire ?

Parmi ces revisiteurs de l’Histoire, je citerai ceux que je considère comme les trois maîtres en la matière : Michelet car il était professeur d’histoire et de morale ( !), Jaurès car il détenait la force d’impact des idées dans les pages du journal qu’il dirigeait « l’Humanité » et enfin Thiers simplement parce que ministre et président, il touchait à ce qui est le plus sacré : les enfants…et leur éducation.

 

Michelet (Jules) né en 1798, mort en 1874. Protégé de Guizot, il est nommé en 1833 professeur de morale et d’histoire au collège de France.

Ses cours sont des manifestations anticléricales et il est suspendu plusieurs fois. Il est exclu ensuite définitivement de sa fonction aux Archives nationales.

Ecrivain, poète, « il image les faits et transforme les êtres en symboles » nous dit le Larousse… Sur la Vendée, il a transformé les faits …

 Jaurès (Jean) né en 1859. Député en 1893, battu comme dreyfusard en 1898, réélu en 1902. Il est un des leaders du socialisme en France.

En 1901, il fonde le parti socialiste, il dirige l’Humanité, créé la S.F.I.O. en 1905, hostile à la politique étrangère de la France et à la guerre, il est assassiné en juillet 1914 par un nationaliste.

Thiers (Adolphe) né en 1797. Avocat, journaliste d’opposition à Charles X, il crée en 1830 le journal « Le National » défendant une monarchie parlementaire. Il contribue à l’arrivée de Louis Philippe, entre en 1833 à l’Académie Française, devient ministre de l’intérieur et chef du gouvernement en 1836 et 1840.  Ecrivain sur la révolution, et sur l’empire. Il revient à la politique en 1848, il bataille pour la monarchie, est proscrit un an, puis député Orléaniste en 1863.

Chef du pouvoir en 1871, il écrase dans le sang la révolte de la Commune de Paris.  Sous la poussée de la gauche et des royalistes, il doit démissionner en 1873 et meurt en 1877.

 

   

Michelet  -  Jaurès  -  Thiers

Thiers

J'ai toujours été frappé par une des nombreuses phrases que Michelet prononça sur les guerres de Vendée : « le plus cruel des deux partis était celui qui croyait venger Dieu, qui cherchait à égaler par l'infini des souffrances l'infini du crime. Les Républicains en versant le sang n'avaient pas une vue aussi haute. Ils voulaient supprimer l'ennemi. Leurs fusillades, leurs noyades étaient des moyens d'abréger la mort et non des sacrifices humains... ».

Une si belle bonté d’âme ! Ainsi Michelet continuait à occulter voire nier l'histoire, à rendre nécessaire et utile la destruction de la Vendée. Mais il faussait encore plus l'histoire en écrivant : « Il n'y a qu'un peuple aveugle, hélas ! Ce peuple étrange est la Vendée ». Il ne faisait pas mention des autres régions de France troublées en ces mêmes moments : Normandie, Bretagne, Aquitaine, Lyonnais, Région toulousaine, Languedoc, Provence, ...

Quel historien ! Quel beau professeur de morale !

Jaurès défendit quant à lui la thèse inexacte de la révolte de la noblesse contre la Révolution : « C'est pure légende que de prétendre comme l'ont fait quelques écrivains catholiques, que les paysans durent faire violence aux nobles ». Comme il ne peut falsifier les archives, il reconnaît toutefois le « fanatisme des premiers soulèvements », rejetant alors par le mot employé la responsabilité sur le terrain des prêtres.

Quel responsable !

Thiers décrète lors de son ministère que « l'éducation des enfants ne doit pas s'appuyer sur d'autres points que les valeurs et victoires de la République, et rejeter des faits de brigands et insurgés comme en Vendée ».

Quel ministre !

Ceci sera appliqué jusqu'au milieu du vingtième siècle. J'ai déjà précisé précédemment combien je fus marqué par la lecture de mon livre d'histoire à l'école primaire. Après le chapitre sur la Révolution, était un chapitre sur les victoires Révolutionnaires dont celle sur les « brigands de Vendée ». Ce chapitre était illustré du dessin de Bara tué par les révoltés en défendant ses chevaux. Tout était résumé en ce dessin : Les Vendéens aux mines de tueurs, l'enfant vêtu de son habit de militaire criant « vive la République ».

Comment dans ces années 1950, ne pas imaginer l'impact d'une telle présentation : des bandits, des assassins d'enfants, la République défendue par des enfants... A la fin des années 1980, le manuel scolaire de l'école primaire de ma fille parlait encore des « Chouans de Vendée en 1793 luttant contre la république».

         Ce dernier fait présente une triple signification dans la manipulation :

  • les Chouans représentent des bandes et non une armée structurée (donc une révolte de "peu de chose"), 
  • l'on indique comme cela que la chouannerie était vendéenne, ce qui permet de ne pas parler de la normande bien plus proche de Paris  tout comme celle du Maine...
  • il y a lieu de ne pas confondre la Terreur, ses hommes sans foi ni morale et ses lois indignes avec la république

Il y a tout à la fois encore aujourd'hui minimisation et modification du fait et une association avec des actes ayant d'autres racines à l'origine.

 

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