LES GUERRES DE VENDEE

            Avant 1794

Lorsque la révolution de 1789 éclate, le peuple est en accord avec les idées nouvelles dans tous les départements de l'ouest de la France. Après une période durant laquelle le clergé ne réagit pas, des erreurs vont être commises envers lui, et elles vont s'accumuler. La constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790, tout d'abord inquiète. En janvier 1791 paraissent les décrets d'application dont la loi du serment.  Les prêtres insermentés vont alors être empêchés d'exercer leur ministère. Puis ce sera l'ordre de les expulser du territoire, et enfin ce sera la chasse aux prêtres réfractaires. Ils seront dès lors pourchassés, emprisonnés, voire exécutés.

Les mesures vexatoires envers ce clergé auront des répercussions au niveau du peuple, tout d'abord dans la vie de chaque jour par la modification des rites du baptême, de la cérémonie du mariage et plus important encore, de l'enterrement :faire inhumer son mort sans sacrement ni bénédiction)... Pour les paysans, les déportations, emprisonnements, assassinats de leurs prêtres rendront plus inébranlable leur foi en la justesse de leur cause. Après un Noël sans messe, celui de 1792, au « rendez-nous vos armes » que les représentants déclareront en 1793, leur sera répondu « rendez-nous nos prêtres et rendez-nous notre Dieu ». L'origine des réactions, c'est donc aussi un mouvement pour sauver ces valeurs spirituelles, cet ordre social chrétien, des siècles de monarchie fidèle à l'Eglise catholique qui ont façonné notre pays gouverné par un roi chrétien en vue du bien de tous et du salut de chacun.

C'est pour cet ordre social dans lequel toute la population a vécu jusqu'à présent, que les hommes ont entrepris ce soulèvement, cette guerre hors du commun. Les paysans en révolte affrontent le pouvoir au nom de leur liberté : leur liberté de langage (le patois reste le seul langage utilisé dans les campagnes !), leur liberté communale et la décentralisation, leur liberté religieuse.

La République a mis en oeuvre un état laïc, nation "érigée en personne morale, avec sa volonté de puissance, qui déborde les frontières pour imposer aux autres peuples la liberté ou la mort" dira Doré Graslin. Car, pendant ce temps, les frontières françaises sont relativement calmes jusqu'à ce que la Convention y porte la guerre.... Voyons bien dès à présent que la France en 1790 n'est pas menacée sur ses frontières et que si un ou plusieurs mouvements insurrectionnels se déclenchaient en province, cela ne constituerait pas un danger de l'intérieur par rapport aux dangers externes.

Si danger externe il y a, et il y aura dès 1792, c'est le résultat d'une démarche du pouvoir. Brissot déclare : " la guerre extérieure est actuellement un bienfait national, et la seule calamité qu'il y ait à redouter, c'est de ne pas avoir la guerre... Nous ne pourrons être tranquilles que lorsque l'Europe et toute l'Europe sera en feu ".  La Convention qui était début 1793 déjà en guerre contre la Prusse, l'Autriche, le Piémont, déclare la guerre à l'Angleterre, la Hollande et l’Espagne le 1er février 1793. Ces décisions guerrières vont être l'élément déclencheur du mouvement, alors que des troubles divers se font jour dans différentes provinces : Bordeaux et Caen se sont constituées en gouvernements indépendants alors que Toulon se livre aux Anglais. Lyon s'est transformée en camp retranché, et le gouvernement central ne se fait plus obéir que par une trentaine de départements.La Convention décide le 24 février 1793 de lever trois cent mille hommes de troupe. Cette levée implique une contribution de quatre mille cent quatre vingt dix sept hommes pour la région de la Vendée Militaire.  

 

         La Vendée Militaire n'existe sur aucune carte. Son territoire peut se représenter approximativement par un quadrilatère où nous trouvons aux quatre angles : Nantes, Saumur (la limite nord étant la Loire), Thouars et Fontenay le Comte. Ce quadrilatère empiète sur quatre départements : Loire Inférieure, Maine et Loire, Deux-Sèvres, Vendée. Le coeur du mouvement se situe dans un triangle dont les sommets sont Saint Florent le Vieil, Les Herbiers, Bressuire.

         Cette décision de conscription n'est connue qu'en mars et arrive sur un peuple fatigué, et fatigué plus encore par les rudesses climatiques qui depuis 1783 présentent un caractère exceptionnel : inondations en 1783 suivies d'un hiver dur et précoce, la sécheresse terrible de 1787, et enfin l'hiver dramatique de 1788-1789. Les gels commencent mi-septembre, la Seine et la Loire charriant des glaces dès le 26 septembre. Il gèlera sans discontinuer jusqu'en janvier sur toute la France. La débâcle de la Loire commencera début avril. Au froid succèderont le dégel puis les inondations. Les seuls végétaux ayant réussi à pousser seront alors pourris par cette eau en surabondance. Pas de choux, pas de blé, pas de seigle, pas de vin, … Fatigué aussi est le peuple des décisions prises par les gouvernants, à l'encontre du clergé et d'une noblesse qui vient de voir disparaître sous le couperet de la guillotine le 21 janvier son Roi, le représentant de Dieu sur terre.

Cette levée est connue un jour de marché à Cholet et à Machecoul, au moment de l'entrée en guerre contre l'Espagne... De la bastonnade on passe au tirement et viennent les dures échauffourées, puis les premiers morts. Le peuple recherche alors des chefs et les trouve naturellement auprès de nobles ayant une certaine expérience militaire. Il trouvera l'accord ou l'engagement plus ou moins rapide de Bonchamps, Charette, d'Elbée, La Rochejaquelein, Donnissan et son gendre Lescure... Mais il trouve aussi en son sein des chefs remarquables comme Cathelineau, ou des entraîneurs comme Stofflet garde chasse du comte de Maulévrier. L'armée vendéenne est le résultat d'un enrôlement paroisse par paroisse et même famille par famille.

         Les Vendéens se structurent avec leur logistique, l'imprimerie de Chatillon, l'hopital de Saint Laurent, les manufactures de munitions de Chalonnes, Chatillon, Saint Florent et Saint Aubin, (plus tard les Vendéens délivreront même des assignats depuis leur imprimerie royale de Chatillon). Mais ils restent des paysans avant tout. Après le choc ils retournent bien vite dans leurs métairies pour travailler leurs terres. Leurs premières armes sont la faux droite, le gourdin à reboule et quelques rares fusils de chasse. Les prises faites ultérieurement aux Républicains feront grossir leur armement, jusqu'à et y compris leur permettre de disposer d'une artillerie lourde et légère, dont un canon célèbre « la Marie-Jeanne ». Ce minimum n'empêche pas les succès immédiats, rendus plus faciles par la faiblesse des troupes républicaines. Les troupes républicaines sont commandées par différents types de chefs. Il y eut de vrais soldats au rang desquels on trouvera Marceau, Kléber, Hoche, Haxo, Kellermann, Dumouriez… Mais dans les opérations immondes les armées mises en avant furent bien pâles et leurs chefs de bien drôles d’oiseaux !!  Ces colonnes sont commandées par des hommes au passé militaire quelques fois bien pâle. En avril 1793, Bouchotte le ministre de la guerre s’était entouré d’officiers généraux dont certains sont bien éloignés du métier des armes, parmi lesquels on peut citer :   Carpentier, curé constitutionnel d'Ambillou, Grammond, comédien au théâtre Graslin de Nantes,  Grasset, comédien régisseur du théâtre Montansier, Grignon,  boucher, Muller, danseur à l’opéra, Parein-Dumesnil, comédien du théâtre dramatique,  Quétineau, viticulteur né au Puy Notre Dame, fut élu lieutenant-colonel de son bataillon avant d'être nommé général,  Robert, comédien du théâtre de Tours, nommé directement général de division, Ronsin, futur ministre de la guerre est auteur dramatique, Santerre, brasseur... et Vimeux, qui prit plus tard le commandement en chef des troupes de La Rochelle, était boulanger…

         Les politiques connaissaient bien peu les hommes qu’ils mettaient en ligne pour combattre ces révoltés. Pour preuve, il fallut que le général Westermann soit arrêté et jugé pour que Barère l’appelle par son nom… Dans tous les rapports précédents il le nommait général Wessermann.  Turreau, de son vrai nom Turreau de Garambouville, fut un général improvisé puisque entré directement dans l'armée au grade de chef de bataillon en septembre 1792, en ayant supprimé la particule de son nom. Il brûlera les étapes : adjudant général en juin 1793, général de brigade le 30 juillet 1793 (où il participe à la reprise des buttes d'Erigné près d'Angers), général de division le 7 septembre de la même année, date à laquelle il part pour l'Armée des Pyrénées. Il en revient avant la fin de 1793 pour être placé à la tête de l'Armée de l'ouest.  

         Maintenant que nous avons esquissé les forces en présence, examinons les enchaînements et les évènements de cette année 1793 ? De mars à fin juin, c'est alors globalement la période de l'embellie vendéenne. Les Blancs prennent (presque toujours en abandonnant les lieux immédiatement après) successivement Cholet, Bressuire, Thouars, Saumur, Angers. Ils se dirigent vers Nantes mais une mauvaise organisation, une mauvaise synchronisation –un retard de Charette- sont à l'origine du premier drame des Vendéens : leur généralissime Cathelineau, récemment élu, est grièvement blessé lors de l'attaque, et à l'annonce de sa blessure les Vendéens quittent précipitamment le champ de bataille. C'est leur première réelle défaite. Cathelineau mourra le 14 juillet 1793.

         Dans une seconde période de plus grand équilibre des forces en présence, les échecs vont alors aller de paire avec les succès jusqu'à ce que la Convention décide de détacher en Vendée l'Armée de Mayence sous les ordres de Westermann et de Kléber. Ces Mayençais entrent à Nantes le 6 septembre. Leur organisation, la bravoure des soldats vont alors inverser la face des choses. C’est alors la troisième période de cette année furieuse, qui va devenir année horrible pour les Vendéens, d'autant que sur le plan tactique les Blancs vont faire des erreurs funestes. La première est incontestablement de ne pas être unis, puisque Charrette, une nouvelle fois va faire montre d’individualisme et va rester dans son marais avec ses hommes. La seconde est d'adopter un ordre de bataille nouveau, en colonne. Après la défaite de Cholet où Bonchamps et Lescure sont mortellement blessés, c'est une colonne unique, longue de plusieurs kilomètres qui se présente aux Bleus à Chemillé et qui se fait facilement mettre en déroute. La fuite en avant vers la Loire semble alors la seule voie de secours. Ce peuple, car il y a là non seulement les soldats mais les femmes, les enfants et les blessés, franchit alors la Loire à Saint Florent le Vieil.

Et ce peuple est arrivé ainsi sur la rive droite de la Loire. Il faut fuir ce fleuve de malheur (et le malheur reste encore à venir), s’en éloigner. La colonne royaliste part vers le nord, pour fuir vers l'hypothétique flotte anglaise qui doit, pensent-ils, les attendre à Granville. C'est donc la virée de Galerne, et l'enchaînement des drames, tueries et massacrements.. Un peuple va alors se jeter sur les chemins, avec ses mourants portés sur des chariots, avec ses femmes et ses enfants, à la recherche de sa survie par des secours providentiels. Il ne les trouvera pas au Mans ni à Granville où la flotte anglaise n'est pas venue. Devant la force de la mitraille des défenseurs du port normand, les vendéens refluent. C'est le retour vers Le Mans, Laval, dans un voyage de souffrances et de mort. Angers les repousse, puis après une ultime boucle par Le Mans où de Marigny se sauve déguisé en soldat Républicain, c'est la Loire qui les arrête à Ancenis. Aux défaites s'ajoutent les maladies et les massacres perpétrés par la population patriote. Dans les registres de la commune d'Evron, il est mentionné que la population a tué mille cinq cents brigands. La Grande Armée Catholique et Royale n'est plus qu'une ombre, une horde de mourants. Partis plus de cent mille après la bataille de Chemillé en Octobre, renforcés en cours de route par des Chouans dans la région de Laval, ils sont moins de vingt cinq mille à tenter de repasser la Loire à Ancenis le 16 décembre.

La Rochejaquelein et Stofflet réussissent à franchir le fleuve dans une barque, mais le gros de l'armée Vendéenne harcelée par Westermann et Kléber, ne peut parvenir sur l'autre rive, d'autant qu'il y veille un ensemble de canonnières remontant depuis Nantes. C'est la dernière fuite en avant. Ces morts vivants se dirigent vers l'ouest, vers Nantes qu'ils contournent, puis ils entrent dans les marais de Savenay. Les armées républicaines les encerclent et c'est la mise à mort le 23 décembre 1793. Les survivants sont pourchassés durant huit jours. Westermann confiera "nous fîmes une horrible boucherie". "Suivant les ordres que vous m'avez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pas des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé." Ecrira-t-il au Comité de Salut Public.

Immédiatement après la fin des combats la commission Bignon se met à l'oeuvre et condamne à mort. Sur les six cents personnes parties de Saint Hilaire du Bois, treize rentreront, alors qu'à Montilliers cinq sur soixante trois reverront leur terre...

A Nantes, avant ce terrible mois de Décembre et le début de 1794, le sinistre Carrier et ses sbires ont commencé leur oeuvre, celle des noyades en Loire. La guillotine ne peut être l'instrument de la condamnation, trop lente... Ainsi aux fusillades de Savenay puis de Nantes, s'ajoutent les noyades de Nantes. Trois mille trois cent quatre vingt quatorze vendéens sont fusillés ou noyés simplement entre le 24 et le 31 décembre à Nantes. Les prisons de Nantes sont libérées ainsi et peuvent recevoir les prisonniers survivants, hommes femmes et enfants.  Le jour de Noël 1793, Carrier fait condamner et exécuter soixante et onze personnes qui ont désobéi à ses ordres. "Ces messieurs apprendront ce qu'il en coûte pour ne pas rire quand la nation les condamne à être gais ".   

 

Puis, après vinrent les sinistres colonnes de Turreau...  

 

En 1794, les deux derniers grands chefs Charette et Stofflet, poursuivis, continueront les escarmouches sans espoir. Ils seront accompagnés de certains, pas tous, rescapés de la Virée de Galerne, et de Chouans tant du Maine que de Normandie, plus rarement du sud Bretagne. Ces chouans avaient unis leurs forces à la grande armée catholique et royale d’abord au premier passage et à la victoire du Mans, et durant la traversée du bocage avant d’atteindre Granville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Le général Hoche, quant à lui, a pris en charge le commandement républicain. Il dispose de troupes au moral de vainqueur, et celles-ci sont mieux structurées que celles de l’année précédente. En face d’elles ne se retrouvent que des miettes de l’armée catholique et des rescapés marqués à jamais par les souffrances de 1793 et l’horreur des massacres des colonnes. Si durant toute la grande guerre de 1793 l'armée Vendéenne fut rapidement organisée et structurée (hommes à pied, cavaliers, artillerie, imprimerie et monnaie, hôpitaux...) dès l'écrasement de Savenay, il n'en est plus de même.

         Charette et ses Paydrets se cantonneront le plus souvent dans leur marais. Stofflet sera encore très actif mais avec des moyens bien amoindris tout autour de Maulévrier. Dans les deux cas, la logistique n’était plus organisée dans ces bandes (on ne pouvait plus appeler cela réellement des armées). Chaque général eut alors son propre plan sans en référer au second, sans cohérence ni complémentarité. Les hommes vécurent dans des bois. Charrette et ses fidèles, construisirent un village complet dans les bois de Grasla, des huttes de bois et feuillages (il y eut même une église à Grasla) alors que Mistouflet et ses hommes ont vécu tant dans les forêts de Vezins, que de Nuaillé ou encore Etusson.L'artillerie de De Marigny continuera d'exister mais en désaccord avec Stofflet, jusqu'à la souillure Vendéenne. De Marigny, affrontant les idées de Stofflet, s’opposant tant au plan des objectifs que des moyens utilisés, fut assassiné sur ordre de Stofflet.        
       
      Cette seconde guerre durera jusqu'à la signature des deux traités de paix en 1795. Il s'agit bien de deux traités séparés que la Convention signera avec respectivement Charette puis Stofflet, à La Jaunaye et La Mabilais. En 1795, le comte de Provence, futur Louis XVIII écrit à Bourmont, jeune chef chouan breton (avec Cadoudal et d’Andigné) : « Jamais je ne fus si près du moment où je pourrai remplir à la fois mon devoir et le vœu de mon cœur en allant me mettre à leur tête (les vendéens) et vaincre à mon tour avec eux ». De quoi rallumer toutes les volontés de rébellion et de reprise des feux… Le calme ne durera pas et les troubles reprendront jusqu'à l'arrestation et la mort des deux chefs. Charette est arrêté à la Chabotterie, exposé à la population locale puis à celle de Nantes avant d’y être fusillé, place des agriculteurs (actuelle place Viarmes) le 30 mars 1796 alors que Stofflet était tombé sous les balles du peloton d'exécution le 25 février à Angers près du palais de justice.        
       De l'incendie de 1793, il ne restait que quelques feux fin 1794, qui s'éteignirent ainsi avec la mort des deux chefs en 1796. Il y eut bien ici où là des reprises de nouveaux foyers. Mais nous étions alors en face d’un mouvement plus classique, non pas la contre révolution connue jusqu’alors mais de brigandage et de chouannerie. Quelques idéalistes reprirent des combats ponctuels en se déclarant du Roi, de l’enfant du Temple… En Bretagne nous avons vu les chefs des bandes de chouans qui continuaient à agir, Cadoudal réussissant à regrouper des hommes de Tinténiac, trio complété de Puisaye, alors que Scépeaux poursuivait son action dans le Maine et le nord Anjou. En juin 1796, le général Hoche conclut un traité avec Cadoudal, qui entraîne le départ de Frotté en Angleterre… Scépeaux avait déjà présenté sa soumission aux autorités, ce qui amena durant l’été 1796 à une paix progressive sur l’ouest. En 1797, le 4 septembre, un coup d’Etat est fomenté par Reubell, Barras et La Revellière-Lépeaux (un vendéen), les élections sont annulées pour quarante neuf départements, et de nombreux députés arrêtés et emprisonnés au Temple (dont le général Pichegru). La nouvelle assemblée élue décide que tous les prêtres doivent prêter serment à la Constitution de l’an III. Le retour des exilés redevient interdit sous menace de mort et déportation. Cette période de nouvelles persécutions est appelée « la guillotine sèche ». On déporte de vieux prêtres ayant refusé le serment sur l’île de Ré. On déporte les plus jeunes à Cayenne en les laissant dans la plus grande misère humaine… jusqu’à l’arrivée de Bonaparte et leur rapatriement entre 1800 et 1801.

      On continue à s’échauffer et en début 1799 le bruit court d’une insurrection générale fixée au 15 octobre. A partir de la mi-année, des bandes courent la campagne. Elles sont d’abord constituées d’amateurs d’aventures, de domestiques sans emploi et d’artisans sans travail. Les premières apparaissent vers Saint Michel Mont Mercure. Tout de suite on va les appeler « chouans » en comparaison avec les bandes qui courent toujours la campagne au nord de la Loire Bourmont, d’Andigné, Cadoudal réagissent et relancent un mouvement de guérilla. Frotté rentre d’Angleterre pour la même raison, à Vire et Tionchebray où il essuie deux revers. En juillet une bande attaque Tiffauges, puis la Verrie, puis les Herbiers, et disparaît. Fin août une bande prend les armes aux militaires basés à La Boupère.  Au même moment, deux anciens officiers de l’armée de Stofflet réunissent plus de cinq cents hommes et prennent Saint Loup sur Thouet. A la Toussaint de la même année, d’Autichamp attaque les Aubiers. Le 9 novembre Bonaparte renverse le Directoire. Il se dit qu’il est favorable à la monarchie. Nombre d’esprits s’apaisent, mais il est encore des bandes qui attaquent les postes bleus, comme celle du marquis de Grignon tué à Chambreteaud le 18 novembre avec un certain nombre de ses hommes. Les chouans de Bretagne et Normandie demandent alors une trêve, et un armistice est signé globalement par d’Autichamp. Puis Bonaparte met en application sa nouvelle constitution à noël 1799. Très vite la paix de Montfaucon sur Moine est signée entre les insurgés et le représentant de Bonaparte, qui valide après que le général Brune en ait fait autant. Cette paix n’est guère suivie par certaines bandes. Cadoudal est l’un des chefs qui affrontent Bonaparte. Il avait été élu en 1795, major général des légions du Morbihan. Les coups de mains continuent, les bandes attaquent des garnisons et tentent de voler des armes, tout comme on vise toute trésorerie et perception…         
       En janvier 1800, Suzannet et d’Autichamp en Vendée cessent les hostilités, suivis deux jours plus tard de Châtillon et d’Andigné. Début février en face du général républicain Brune, Bourmont puis Cadoudal font de même, alors que Frotté est arrêté à Alençon et exécuté le 18 février. Brune est remplacé par Bernadotte. On attente à la vie du premier consul la veille de Noêl 1800, rue Saint-Nicaise. C’est vraisemblablement cette action qui poussera Cadoudal à envisager un complot d’enlèvement du consul. Mais la police aux mains de Fouché est active. Cadoudal est arrêté et exécuté, et les deux autres meneurs ont des fortunes diverses. Le général Pichegru, arrêté se suicide dans sa geôle. Le général Moreau semble-t-il également mêlé à l’affaire est dans l’obligation de s’exiler.
      Et en 1801, la religion catholique est restaurée en France par la signature du Concordat. La paix revient, à sa parution qui n’aura lieu qu’à Pâques 1802. Les cloches des paroisses (pour celles qui n’ont pas été détruites) de la Vendée militaire sonnent à toute volée pour annoncer la nouvelle et pour saluer ainsi le sacrifice de tant d’êtres. Puis voilà le premier empire. atailles succèdent à campagnes et les besoins en hommes se font sentir. A partir de 1807, la levée de troupes commence à provoquer des réactions dans les campagnes. L’agriculture manque de bras, les Anglais par leur blocus empêche le commerce et la pêche, et il se dit qu’en plus l’empereur ferait des « misères » au Pape… Début 1814, des noms illustres de la première guerre sortent de l’ombre, où l’on retrouve un second Charrette, neveu du premier, un nouveau de La Rochejaquelein, Louis.        Au bannissement de Napoléon, le retour de Louis XVIII sur le trône est accueilli favorablement. En lui on voit d’abord un espoir de retour de la paix en Europe. Mais les politiciens royalistes dirigent des actions contre les Républicains et les Bonapartistes. Dans l’ouest bien entendu… Le roi nomme d’anciens chefs vendéens ou chouans comme commissaires devant convaincre la population d’une nécessité de paix. Un troisième de La Rochejaquelein, Auguste, est du nombre avec d’Andigné, d’Autichamp, et Suzannet. C’est alors que survient un évènement qui fera souffler un énorme vent de peur sur le pays : Napoléon débarque de l’Ile d’Elbe. Louis XVIII envoie en Vendée le duc de Bourbon, prince du sang, pour raviver les consciences et rassembler des hommes pour lutter contre l’usurpateur. Les chefs sont nommés, les plans élaborés. Mais les paysans ne suivent que très peu, moins de vingt mille sur tout l’ouest. Louis de La Rochejaquelein est nommé général. Son plan est d’attaquer la Roche sur Yon Mais en face se trouve celui qui a arrêté Charrette, le général Travot. Celui-ci prend les devants et attaque le premier. Ludovic de Charrette meurt et les paysans démoralisés rentrent pour nombre d’entre eux dans leur métairie, abandonnant toute idée de révolte. Les chefs se disputent. Seul Louis de La Rochejaquelein veut poursuivre la lutte, mais se fait attaquer à son tour le 4 juin 1815. Il est tué l la ferme des Mathes, pas très loin de Saint Jean De Monts, lui le  frère de Monsieur Henri mort un peu plus de dix ans plus tôt.

        Et puis Louis XVIII finit son règne, et c’est alors Charles X sur le trône. Jusqu’à la révolution de juillet 1830 où Charles X est contraint au départ et le duc d’Orléans prend le pouvoir sous le nom de Louis Philippe 1er. Les légitimistes, dont la duchesse de Berry, se forgent de nouvelles illusions. Mais l’argent manque, les armes aussi, les chefs attendent en un mot tout était réuni pour une rapide débâcle et pour que Louis Philippe ne puisse pas être remplacé par Henri V le roi légitime, fils mineur de la duchesse.

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