L'INHUMAIN

         L'époque révolutionnaire est connue par son double goût de la théâtralité et du sang. Le Vendéen devient alors le scélérat (au sens strict de criminel sanglant). Il passe donc du qualificatif « d'attroupé » à celui de « brigand », puis de « scélérat », puis « d'insurgent » et  encore de « rebelle » avant d'être « membre d'un troupeau », puis un « animal à face humaine ».

         Le Vendéen n'a pas de femme ni d'enfant mais « une femelle et des petits ». Enfin Bourdon le conventionnel de l'Oise décrit les familles Vendéennes comme un « ramas de cochons ». Et Turreau écrira « nous sommes dans un foutu pays, il faut égorger la louve et ses louveteaux et ne rien laisser... ».

 

         Le député Félix s'exclame le 2 avril 1794 : « Ces terres de Vendée sont très bonnes et peuvent facilement se passer d'engrais vu la grande quantité de brigands qui les engraissent ».

         A Clisson, cent cinquante femmes furent brûlées sur un bûcher aérien sous lequel avaient été placés des barils afin de recueillir la graisse fondue. Dans le registre de Carrier on peut lire : « cette opération économique (graisse revendue) produisait une graisse cent fois plus agréable que le saindoux ».

Marceau écrit à sa soeur début 1794 : « Quoi ! Ma chère soeur, vous m'envoyez des félicitations sur ces deux batailles (Le Mans et Savenay) ou plutôt sur ces deux carnages, et vous voudriez avoir des feuilles de mes lauriers. Ne songez-vous pas qu'elles sont tachées de sang humain, de sang français ? Je veux porter mes armes contre l'étranger ».

Les archives départementales du Maine et Loire (HI/27/3) nous permettent de lire la déposition du Juge de Paix des Ponts de Cé, un certain Jean Humeau. Il fait état d’une tannerie de peaux humaines qui fonctionnait en cette commune en décembre 1793. Cette tannerie, sise au Pont Libre, était tenue par un nommé Lemonnier. Elle était alimentée par la peau de vendéens écorchés par le chirurgien major Pequel (4ème Bataillon des Ardennes) assisté de divers soldats. La tannerie alimentait ensuite un commerçant d’Angers, le citoyen Prud’homme, qui confectionnait des vêtements.

Hérault de Séchelles  écrivit à Carrier dans son ordre de mission : « Nous pourrons être humains quand nous serons vainqueurs ». Et des actes de barbarie, nous en vivrons alors en suivant les colonnes. Nouveaux nés jetés vivants dans les fours à pain, poudre à canon que l'on fait exploser dans le ventre des femmes, foetus que l'on arrache à coup de sabre du ventre de la mère et que l'on se lance de sabre en sabre...

Le 11 septembre 1793, le général Rossignol avoue que « pour terminer la guerre en Vendée, il faut avoir recours aux ressources de la chimie »… « Il serait à désirer qu’on envoyât près de cette armée le citoyen Fourcroy… ». Celui-ci, chimiste de renom, rédige un rapport indiquant les moyens à employer, et l’adjudant général Savary écrit plus tard une des nombreuses tentatives ayant eu lieu : « je me rappelle qu’un adepte, se prétendant physicien-alchimiste présenta aux députés présents à Angers une boule de cuir remplie d’une composition dont la vapeur dégagée par le feu devait asphyxier tout être vivant à la ronde. On fit l’essai sur des moutons dans une prairie où se trouvaient quelques personnes que la curiosité attira vers le lieu de l’expérience… et personne n’en fut incommodé. »

Un pharmacien d’Angers, nommé Proust, inventa dans le même temps une boule qui à l’en croire contenait une substance qui infecterait toute la contrée. L’expérience eut lieu dans une prairie de La Baumette, aux portes d’Angers, mais le produit n’eut pas un résultat suffisamment performant pour être ensuite employé par l’armée.

 

 

 

 

 

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