LA PREMEDITATION

Et quand on parle crime commis sur les populations de l’ouest, rappelons-nous pour cela le texte de la déclaration de Barère le 1er août 1793 à la tribune de la Convention. Elle résume tout et sera la source de tous les ordres transmis à ces commis zélés de la Convention que pouvaient être les commissaires de la Révolution et certains généraux en mal d'histoire et de conquêtes : « Le Comité de Salut Public a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leurs repaires, à incendier leurs forêts, à couper leurs récoltes... C'est faire le bien que d'extirper le mal ; c'est être bienfaisant pour la patrie que de punir ces révoltés ».

Le décompte des juges de la commission Bignon existe (les noms, prénoms, l'âge et le lieu de domicile, voire même quelques fois la profession du condamné), alors que les noyades de Nantes ne sont pas « comptabilisées ». Les documents que nous connaissons sont des rapports ; mais ils ont de suspect le contexte de la Terreur et la lame au-dessus de la tête de tout acteur. Les documents et rapports des Colonnes le sont également, mais existent et même s'ils doivent être minimisés, ils montrent l'application des ordres.

Les autres informations dont nous disposons sont des témoignages, en général de témoin oculaires, recueillis aussitôt après les évènements, mais avec des témoins naturellement enclins à satisfaire l'interrogateur. Je pense qu'il faut alors rechercher non pas l'élément précis mais la convergence et le lien entre tous. Le seul lien qui m'apparaît valable est l'ordre et la volonté politique de « détruire » une région, ses hommes, ses ressources.

Les colonnes en 1794 ne se justifient plus compte tenu de la destruction de l'armée Vendéenne à Savenay fin 93. La Convention a préparé ce plan dès l'été 1793 et a sciemment attendu le 21 janvier suivant pour le mettre en oeuvre. Si ce plan avait été appliqué durant la grande guerre, l'analyse aurait été différente, quoique l'Angleterre et les Emigrés n'eurent aucune action d'assistance aux vendéens jusqu'en décembre. A Londres fin 1793, l'on pensait encore que la révolte était conduite par un certain Gaston !

       

         Un plan de la Convention, fut mis en oeuvre par des chefs zélés, que ce soient les ténors de la Convention ou certains militaires comme Carnot, Westermann, et d’autres. Turreau fut un acteur, mais un acteur majeur. Ce plan fut poussé à son paroxysme par tous ces hommes car la menace était permanente au dessus d’eux. Prenons en compte le fait qu’ils étaient tous sous la menace du couperet ce qui fut une source des dérives constatées, mais s’il l’on peut prendre en compte cette circonstance atténuante pour ces soldats transformés en policier de basses œuvres, elle s’inverse aussitôt pour les conventionnels et membres des comités, car cette Terreur avait été mise en place par eux, et qu’eux étaient responsables des ordres donnés aux militaires, selon leur plan, prémédité depuis huit mois, demandant une application sans faille et  systématisme.

Les hommes sont responsables pour certains de crimes de droit commun, d’autres sont coupables de crimes de guerre, mais le système en 1794 est responsable de crimes contre l’humanité.

         Heureusement la Vendée Militaire ne put être rayée de la carte, elle survécut à l'horreur.

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